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Présentation

Nous souhaitons nous lever pour défendre le droit des enfants adoptés à avoir un père et une mère. Nous voulons dire au travers de nos témoignages combien chacun de nos parents a été indispensable à notre construction, combien notre abandon source de blessure a été pansé par cette présence réconfortante d’une famille, combien nos questionnement ont trouvé des réponses dans la filiation vraisemblable.

Qui sommes- nous ?

Nous sommes pour les membres fondateurs des adoptés, des familles adoptantes ou non.

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Comment souhaitons-nous agir ?

Nous nous proposons d’agir par la réalisation d’un livre blanc qui est un recueil de témoignages d’adoptés et d’adoptants, nationaux ou non, pupille de l’Etat ou né sous X . Nous aimerions remettre ce livre aux parlementaires et solliciter de certains d’entre eux un entretien. Nous avons rejoint la ManifPourTous et nous apportons nos témoignages ou ceux de nos membres lors des rencontres. Beaucoup d’entre nous se sont déjà mobilisés lors des manifestations locales et sont prêts à recommencer.

Nous nous proposons aussi d’être un organe de réflexion sur les questions d’adoption et de droit aux origines.

Notre charte

Nous voulons travailler dans le respect des personnes, de leurs convictions, et de leur passé. Nous sommes un collectif apolitique, aconfessionnel sans but lucratif.

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Ne pas accumuler les différences

Nos enfants portent en eux le sentiment d’être différents : différents car adoptés, d’une origine ethnique autre, d’un sang différent par rapport à leur famille élargie ou certains de leurs frères et sœurs. C’est dans l’enfance que ce sentiment sera le plus cruellement vécu, à cause des moqueries et des réflexions des camarades, inconscients à leur âge de la portée de leurs paroles et ignorants de ce qu’est l’adoption. Ils peuvent en être durablement marqués.

Ces différences doivent être assumées, et parfois au prix d’un grand et long effort psychique. Rajouter une différence supplémentaire, aussi importante que la nature du couple parental, ne ferait que charger une barque déjà bien alourdie. Et ce n’est pas une loi qui empêchera ce sentiment de différence, car ils resteront toujours minoritaires en tant qu’enfants de couples de même sexe. Ce serait irresponsable, car toutes ces différences sont des marqueurs fondamentaux de l’être humain, et elles réactivent à chaque fois un sentiment de rejet déjà si profondément imprimé par le vécu de l’abandon

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La douloureuse question de l’origine

Nos enfants nous enseignent enfin sur la douleur de l’absence d’origine du fait d’un accident de la vie, et la souffrance existentielle qu’elle induit. Il faut accepter de les entendre sur ce sujet, quand on sait que le projet de loi qui nous occupe conditionne à court terme la PMA et la GPA pour les couples de même sexe… Cette question de l’origine ne s’efface pas. Pour nos enfants, ce sont les traits de leur visage, leur patrimoine génétique, le socle de leur vie au sens existentiel du terme. « Qui suis-je ? A qui est-ce que je ressemble ? ». Une adulte adoptée de 50 ans nous confiait : « C’est pour moi une béance à vie » !

Une autre écrit : « Quel but donner à mon existence et comment gérer ce trou noir qui m’empêche de me construire ? *». La plupart d’entre nous, y compris les personnes qui réclament cette loi, nous avons grandi, un temps soit peu, avec le père et la mère qui nous ont conçus. Or, avec la Procréation Médicalement Assistée pour les femmes homosexuelles, les enfants seront doublement et délibérément privés de père : la privation de leur père biologique (par don anonyme) et l’absence de père dans leur vie. Pour les hommes, avec la Gestation Pour Autrui qui suivra inéluctablement la PMA au nom de l’égalité, on privera triplement cet enfant de mère : la donneuse qui est la mère génétique, la génitrice qui, dès le départ aura programmé de l’abandonner et dont on aura loué le corps, et enfin une mère dans sa vie. Et on voudrait ainsi légitimer cette double ou triple peine, programmer délibérément pour l’enfant le secret de ses origines, l’abandon de ses géniteurs et une accumulation d’obstacles pour grandir ? Mais qui est-on pour imposer cela ?

Protéger l’enfant

Comment ces enfants pourront-ils avoir confiance dans des éducateurs qui auront fait passer leurs désirs personnels avant les besoins les plus fondamentaux de leurs enfants ? Qui auront fait appel à ce bricolage et à ce marchandage procréatif ? Comment pourront-ils avoir confiance dans une société qui aura décrété à l’avance l’absence d’un père ou d’une mère pour grandir, avec en plus l’absence d’origine paternelle ou maternelle ? Comment priver sciemment un enfant de ces socles fondateurs de son existence ! Notre expérience nous permet d’affirmer que c’est un abus de pouvoir exorbitant des adultes sur les enfants, des plus forts sur les plus faibles.

Un enfant n’est pas un droit, un enfant n’est pas un objet, ni un bien que l’on acquiert et que l’on fabrique. Un enfant s’accueille, un enfant a besoin d’être protégé, et surtout renforcé et consolé là où il a été blessé. Nous, parents adoptifs, pensons qu’il est urgent de prendre en compte ces réalités avec le plus grand sérieux ; c’est le fruit de notre expérience quotidienne aux côtés de nos enfants. Messieurs les Sénateurs et Députés, vous ne pourrez pas dire aux enfants, ni aux citoyens, que vous ne saviez pas. Au nom des parents adoptifs, au nom des droits des enfants, au nom de l’égalité entre les enfants, au nom de la solidarité que notre pays doit exercer à leur égard, nous vous demandons de ne pas voter cette loi.

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